
est un album que j'aime faire découvrir
à mes élèves de grande section, chaque rentrée.
Auteur : Alain Serres
Illustrateur : Claude K. Dubois
Editeur : Pastel
Simon, le héros de l'histoire, est puni d'une singulière façon :
A chaque bêtise, ses parents l'envoient dans le cagibi.
Dans ce local sombre, le gentil démon,
s'invente de belles histoires.
Des aventures si fantastiques
que Simon s'ingénie à trouver de nouvelles bêtises...
pour retouner jouer, au plus vite, dans son cher placard !

Des pistes pour travailler sur cet album :
* Le CDDP du Cantal
* Ressources de l'Académie de Caen
Des liens pour découvrir Alain Serres :
* En Aquitaine (l'ARPEL)
* Lille 3 Jeunesse
* IUFM d'Auvergne

Alain Serres
Au clair de l'automne
Mon ami Pierrot,
La petite feuille est morte ;
Ouvrez-lui la porte ;
Au clair de la laine
Est rangée sa graine.
Chut !
Fermez bien vos mains
Comme une boîte à bijoux ;
Il va pleuvoir jusqu'aux mois doux.

Toi-même
Alain Serres
C'est fou ce qu'il y a de merveilles
Dans le creux de ton oreille.
C'est fou ce qu'il y a de chemins
Dans le creux de ton poing
C'est fou ce qu'il y a de poèmes
Dans le creux de toi-même.
L'avion
Alain Serres
Un avion a atterri
cet après-midi
sur cette page blanche
de mon livre ouvert
Il a dessiné de ses huit roues
comme une mèche de cheveux
au beau milieu de la feuille
puis lentement s'est rangé
en bas
à gauche
près du n° 36
36 passagers sont descendus
Ils m'ont parlé en 36 langues
de 36 millions d'enfants
que je ne connaissais pas.
Et mon livre traduisait,
et mon livre jubilait.
N'écoute pas
Alain serres
N'écoute pas
celui qui répète,
à part peut-être le ruisseau
qui murmure la vie.
ne redis pas
ce que le vent t'a soufflé,
à part peut-être la liberté
puisqu'il court après .
ne crains pas
les montagnes qui ne t'ont pas cru,
à part peut-être ton cœur
qui bat pour l'heure.
Prenez un chat
Alain Serres
Prenez un chat.
Coupez-le en rouge,
et racontez-le en vers :
ça vous rendra heureux, parbleu !
Et oui ! La poésie
donne des couleurs aux souris.
Mais par bonheur,
pas que du gris !
Elle les peint aussi en morose,
et pas que les souris ;
les marchands d'art aussi.
Si ça lui plait,
elle peut cracher du fuchsia
sur la cité Neruda
ou du mordoré
sur le rire d'un général
mal décoré.
Si elle peut atteindre les étoiles
la poésie peut aussi
broyer du noir
parce qu'il faut savoir,
de temps en temps,
pleurer le soir
si l'on veut revoir au matin
un humain
dans son miroir.
Journal
Alain Serres
Quand le journal froissé,
et ses yeux de papier
noircis de l'encre
des pauvres mots du jour
eux aussi froissés,
très froissés,
les yeux, les mots,
quand le journal déchiqueté,
aveuglé, et son sourire narquois
et sa bouche tordue
de ses interminables aveux,
quand le journal mis en pièces
puis en boule,
dense comme une souche,
quand le journal dur,
revient
à l'état d'arbre
et qu'il refait refait des feuilles,
il découpe à nouveau
des sourires purs et pâles,
dans l'espace des hommes qui le croient
puisqu'ils le voient.
Ils le voient.
Mantes-la-ville
Aux enfants de ses quartiers
Alain Serres
C'est à Mantes-lavoir
que le jour rince nos mines,
nos mines en papier journal
Salies par le plomb de la vie.
C'est à Mantes-la vie
que la lumière pressée nous sert le thé
de nos impatiences infusées,
de nos fragiles désirs d'îles.
C'est à Mantes-la ville
que ton lilas pousse
dans le désert de tes paumes ouvertes,
et tu n'en sais rien.
Regarde encore tes mains
et parle-leur.
