Il y avait un merle blanc
un merle noir
Il y avait des fées parmi les pâquerettes.
Il y avait une abeille blonde,
une source bleue,
une rose thé,
une tulipe chocolat.
Il y avait une femme
qui descendait la colline,
une femme habillée de feu, de laine et d'amour.
Une mère aux yeux d'iris,
une mère aux mains de soie,
une mère coiffée de rêves.
Et je chantais avec ses lèvres.
Et je vibrais avec son cœur.
Il y avait une maison de sucre et de blé.
Il y avait un abricot mûr sur une fenêtre.
Il y avait un grand soleil de cuivre roux
et des iris aux langues d'or.
Il y avait une femme qui s'approchait de la maison
et qui caressait l'abricot
et qui regardait le soleil.
Une mère aux yeux de violette,
Une mère aux mains de velours.
Une mère habillée de brouillard et de larmes,
De lumière et d'amour.

La voix de ma mère
Pierre Gamarra
Des perles, des colliers d’argent
des violons et des cerises,
un grand navire de cristal
qui s’en va, poussé par la brise.
Dans un arbre bleu qui se dresse,
la lune pend comme un gâteau,
une musique me caresse
en courant le long de ma peau.
Les pigeons et les passeroses
viennent danser dans ma maison,
quand la voix de ma mère chante,
la nuit est pleine de couleurs.

Chanson murmurée
Louisa Paulin
Je sais un cœur petit comme un bouton de rose,
Chut ! chut ! ne faisons pas de bruit
Afin qu'il repose
Toute la nuit.
Je sais un cœur petit comme un bouton de rose,
Chut ! chut ! il vient de s'endormir,
Ne faisons pas de bruit pour que demain il ose
Tout doucement s'ouvrir
Il pleut doucement
Maurice Carême
Il pleut doucement, ma mère,
Et c'est l'automne
Si doucement
Que c'est la même pluie
Et le même automne
Qu'il y a bien des ans.
Il pleut et il y a encore,
Comme il y a bien des ans,
Combien de cœurs au fil de l'eau
Et combien de petits sabots
Rêvant au coin de l'âtre.
Et c'est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là
Si près du feu
Que c'est le même soir
Et les mêmes genoux
Qu'il y a bien des ans.
Il pleut doucement, ma mère,
Et c'est l'automne
Et c'est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là.
Prends-moi sur tes genoux, ce soir,
Comme il y a bien des ans
Et raconte-moi l'histoire
De la Belle au bois dormant.
Un pétale
J'ai cueilli la fleur des champs
je l'effeuille dans le vent
un pétale pour mon papa
qui me soulève dans ses bras
un pétale pour ma maman
qui m'endort en me berçant
c'est la fleur de mon amour
je veux la garder toujours
Tu es belle, ma mère
Maurice Carême
Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d'enfant,
Le monde tient à l'aise.
Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D'un murmure d'abeilles.
Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison,
Et l'automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.
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