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Articles avec #l'eau, la mer et animaux marins catégorie

2006-08-12T10:37:00+02:00

Elise et le chant des baleines (conte)

Publié par Joce

 

Quand j’étais enfant, bien à l’abri dans ma « cache secrète »,

j’ai fait de bien beaux voyages !

J’ai suivi Ulysse le cœur battant et découvert de lointains rivages.

J’ai côtoyé les pirates et admiré les gigantesques baleines.

 

De ces merveilleuses explorations

il me reste quelques souvenirs…

 

 

Elise et le chant des baleines

 

 

 

  A Lire une autre de mes histoires
    sur ce thème de la mer :






Pour travailler sur ce thème, en classe :

 

* Les baleines.net

* L'eau dans tous ses états (iufm Paris)

* Chez Doctole :

Un dossier sur le thème de la mer, l'été, le port, la pêche

Un dossier sur les poissons

*   Dossier pédagogique de la BNF :

La mer - Terreur et fascination

* Au fil de l'eau (histoires et jeux)

* Chanson - Rencontres Chantantes "La légende du sable"


Des légendes et croyances :


Superstitions et croyances des marins

Légendes bretonnes

D'autres légendes bretonnes (commune de Ploudalmezeau)

Croyances sur le thème de la mer

 

 

"La traversée"

(Roman complet,  écrit par des lycéens)


 

Lire "L'enfant de la mer"

 

 

 

POISSON

Paul Eluard

 

Les poissons, les nageurs, les bateaux
Transforment l'eau.
L'eau est douce et ne bouge
Que pour ce qui la touche.
 
Le poisson avance
Comme un doigt dans un gant,
Le nageur danse lentement
Et la voile respire.
 
Mais l'eau douce bouge
Pour ce qui la touche,
Pour le poisson, pour le nageur, pour le bateau
Qu'elle porte
Et qu'elle emporte

 

 

Liberté

Maurice Carême

 

Prenez du soleil
Dans le creux des mains,
Un peu de soleil
Et partez au loin!
Partez dans le vent,
Suivez votre rêve;
Partez à l'instant,
La jeunesse est brève !
Il est des chemins
Inconnus des hommes,
Il est des chemins
Si aériens !
Ne regrettez pas
Ce que vous quittez.
Regardez, là-bas,
L'horizon briller.
Loin, toujours plus loin,
Partez en chantant !

Le monde appartient
A ceux qui n'ont rien.

 

 

Cécile Chabot

Partir !
Aller n'importe où, vers le ciel ou vers la mer, vers la montagne ou vers la plaine !
Partir !
Aller n'importe où, vers le travail, vers la beauté ou vers l'amour !
Mais que ce soit avec une âme pleine de rêves et de lumières,
avec une âme pleine de bonté, de force et de pardon !
S'habiller de courage et d'espoir, et partir, malgré les matins glacés,
les midis de feu, les soirs sans étoiles, raccommoder,
s'il le faut, nos cœurs comme des voiles trouées, arrachées au mât des bateaux, mais partir !
Aller n'importe où et malgré tout ! ... accomplir une œuvre !
Et que l'œuvre choisie soit belle, et qu'on y mette tout son cœur, et qu'on lui donne toute sa vie.

 

 

Le petit bateau

Elisabeth CHARRA

 

Oh, le joli petit bateau
Qui gentiment s'en va sur l'eau;
Sa voile est comme une aile claire
Qui se déploie au vent, légère,
Pour l'emporter sur les flots bleus.

Oh, le joli petit bateau
Qui se balance, gracieux,
Oh, le joli petit bateau
Qui gentiment s'en va sur l'eau.

 

 

Les bateaux

Bernard Clavel

 

Les bateaux sont des animaux

Qui ne vont jamais en voyage

Ce sont des animaux sauvages

Qui n’aiment pas marcher dans l’eau.

 

Sur les bateaux de sauvetage

On voit fleurir des cerisiers

Quand s’embarquent les menuisiers

Les matelots vont à la nage.

 

La gondole descend la Tamise

Le paquebot vogue au ruisseau

Le batelier sur son chameau

Navigue droit sur la banquise.

 

Me voici parvenu au port

Où jettent l’ancre les navires

Et c’est vous qui devez me dire

Si j’ai raison ou si j’ai tort.

 

 

 

 

UNE ÉTRANGE QUERELLE

JIRI HAVEL

 

Je ne sais plus quand ni comment
Deux poissons un jour de printemps
Se querellèrent sans raison
Depuis ce jour, tous les poissons
Ne dirent plus jamais un mot
Dans la mer et dans les ruisseaux.
La Fête chez les animaux

 

 

Bruit de la mer

Claude Roy

 

Si tu trouves sur la plage
Un très joli coquillage
Compose le numéro
Océan zéro, zéro,
Et l'oreille à l'appareil
La mer te racontera
Dans sa langue des merveilles
Que Papa te traduira.

 

Comme font les enfants

Marie Cossa

 

Comme font les enfants j'ai rapporté des coquillages...

je les ai ramassés sur la longue plage d'où la mer se retirait

un soir de septembre,

le sable était dur que foulaient mes pieds,

où brillaient parfois, mouillés encore

des coquillages et des cailloux...

le ciel était clair et pâle au-dessus de Port-en-Drô...

Bretagne, que je voudrais, ce soir d'octobre

m'en aller vers toi, je sais quelle route là-bas

je suivrais

et soudain ignorant les tristes villas,

les hôtels fermés,

je retrouverais,

- odeur de goémon, douceur âcre

ô toi, bruit de soie, chanson, murmure, plainte –

La mer.

 

 

Mer

Alain Bosquet

 

La mer écrit un poisson bleu,
efface un poisson gris.
La mer écrit un croiseur qui prend feu,
efface un croiseur mal écrit.
Poète plus que les poètes,
musicienne plus que les musiciennes,
elle est mon interprète,
la mer ancienne,
la mer future,
porteuse de pétales,
porteuse de fourrure.
Elle s’installe
au fond de moi
La mer écrit un soleil vert,
efface un soleil mauve.
La mer écrit un soleil entrouvert
sur mille requins qui se sauvent.

 

 

 

Le coquillage

Maurice Fombeure

 

Ronfle coquillage

Où l’on entend tout le bruit de la mer

Vague par vague,

Où l’on entend marcher les petits crabes

Où l’on entend mugir le vent amer.

 

Ronfle, coquillage !

Ah! je revois tous les bateaux de bois,

Les voiles blanches,

Claires, comme un matin de beau dimanche,

Ailes de la joie.

 

Ronfle, coquillage !

En toi je retrouve les beaux jours vivants,

Où les mouettes claquaient au vent

Dans un grand ciel bleu gonflé de nuages,

De nuages blancs, signes du beau temps…

 

Ronfle coquillage !

 

 

 

Il a jeté mon ombre...  

Jacqueline et Claude HELD

 

Il a jeté mon ombre sur la grève

en geste de varech et d'écume de vague.

 

Il a fait courir mon ombre sur la grève

de flaque de ciel en flaque de mer

 

Il a fait chanter mon ombre sur la grève

riant chantant courant chantant

 

Le soleil fou qui jeta passant

son chapeau de paille sur la grève. 

 

 

LA-BAS

JACQUES MADELEINE

 

Là-bas sur la mer
La lune se lève
Dans le lointain clair
Et va, comme un rêve.
La lune se lève...
La lune s'en va...

 

 

La mère s'est retirée

Jacques Charpentreau


La mer s'est retirée,
Qui la ramènera ?
La mer s'est démontée,
Qui la remontera ?
La mer est emportée,
Qui la rapportera ?
La mer est déchaînée,
Qui la rattachera ?

Un enfant qui joue sur la plage
Avec un collier de coquillages.

 

 

 

Îles

 Blaise CENDRARS

 

Îles

Îles

Îles où l'on ne prendra jamais terre

Îles où l'on ne descendra jamais

Îles couvertes de végétations

Îles tapies comme des jaguars

Îles muettes

Îles immobiles

Îles inoubliables et sans nom

Je lance mes chaussures par dessus bord car je

voudrais bien aller jusqu'à vous.

 

 

 

 

La baleine

Jean-Claude BUSCH

 

La baleine dans l'eau

Soulève les bateaux

En faisant le gros dos

 

Du mousse au matelot

Soit malin, soit nigaud,

Chacun craint pour sa peau !

 

Quand on est tout en haut,

On s'écrie: « Oh ! oh ! oh !

Ce poisson, quel morceau ! »

 

 

 

 

Les secrets de la mer

Corinne ALBAUT

 

J'ai trouvé des coquillages

Echoués sur une plage.

Ils m'ont parlé à l'oreille,

Mais ils disent tous pareil,

Bruit des vagues, bruit du vent,

C'est lassant !

J'aurais voulu qu'ils me chantent

Les histoires effrayantes

Des épaves englouties,

Et dans leurs coques endormies,

Des coffrets de pièces d'or,

Des trésors !

 

 

Histoires de pirates

Robert-Louis Stevenson

 

Trois des nôtres à flot balancés dans le pré,
Trois des nôtres dans l'herbe à bord d'un gros panier.
Soufflent dans le printemps les vents qui sont dans l'air,
Les vagues dans le pré sont vagues de la mer.

En étant embarqués, où tenter la conquête,
Guidés par une étoile et bravant la tempête ?
En route pour l'Afrique, installés à la barre,
Pour Babylone, ou Rhode Island, ou Malabar ?

Voici une armada qui nage dans la mer
Bétail sur la prairie tout à fait enragé,

 

Qui charge en mugissant ! Vite il faut nous sauver:
Le perron est le port, le potager la terre.

 

 

LE GALET
Eli Vinet


Je serai roulé par la mer
son jouet jusqu'à l'infini
et poli luisant de lumière
j'étincellerai dans la nuit.

Un enfant jouant sur la plage
m'emportera comme un joujou
Presse-papiers d'écolier sage
je serai pour lui "le caillou"

Mais je reviendrai
dans ses rêves le hanter de sonorités :
chevaux d'écume sur les grèves
des manades hallucinées

Alors je le verrai sourire
dans la lumière du matin
comme sourit un avenir
dans les songes fous d'un gamin.


 

 

LE CRABE

FRANÇOIS DODAT

 

Le toit qu'il a mis sur sa tête
l'équilibre tout juste
quand il marche à grands bras
et traîne à sa taille
un tiroir plein d'outils

 

 

L'huître

Maurice Carême

 

Une huître se mit à marcher.

Je ne sais encore comment

Elle s'y prit si aisément,

Car elle n'avait pas de pied.

Elle alla chez le cordonnier.

Je ne sais encore comment

Il s'y prit si commodément

Pour lui faire de beaux souliers.

Et l'huître partit pour le bal.

Je ne sais encore comment

Elle s'y prit si savamment

Pour danser avec un journal.

Le journal lui parla d'amour.

Je ne sais pas encore comment

Il s'y prit aussi galamment,

Car il venait de Singapour.

Toujours est-il qu'ils se marièrent.

Je ne sais encore comment

Ils s'y prirent pour avoir tant

D'enfants aux yeux couleur de mer.

 

COQUILLAGE

Federico Garcia LORCA

 

On m'a offert un coquillage.


Il y chante
une mer de mappemonde
et l'eau emplit mon cœur
avec ses petits poissons
d'ombre et d'argent.
On m'a offert un coquillage.

 

On m'a offert un coquillage.

 

 

Ver de mer

Madeleine Le Floch


Un poisson connaissait par cœur
Le nom de tous les autres poissons.
Il connaissait les algues, les courants,
Les sédiments, les coquillages.
C'était un érudit.
Il exigeait d'ailleurs qu'on l'appelât « maître » !

Il savait tout de la mer
Mais ignorait tout de l'homme.
Et un jour il se laissa prendre au bout
d'un tout petit hameçon.

 

 

Le pêcheur de crevettes

Maurice Carême

 

Pêcheur de crevettes,
Quel joli métier !
Le ciel sur la tête,
La mer sur les pieds.

 

Etre balancé
Comme escarpolette
Parmi les mouettes
Dites, quel métier !

 

Le filet en fête,
L’écume en collier,
En faire à sa tête
Dans le vent salé,
Quel joli métier !

 


Sans parapluie
Gilles Vigneault


Dans les sirènes d'usine
Dans les klaxons de cinq heures
Dans le crissement des pneus
Dans le fracas continu de la ville
J'entends la mer

Dans les profondeurs du sommeil
Dans les secrets voyages de la nuit
Dans le noir blessé des néons
Je vois la mer

Et près des réverbères perdus
Je me suis appuyé les soirs de pluie
A la rambarde des trottoirs
Sans parapluie

 

 

Ville sur la mer

Ambroglio Lorenzetti

 

De ses tours de ses fenêtres
La ville aux habitants cachés
Regarde.

Le voilier dit :
" bonjour la ville.
Je viens de loin, de près,
D'ailleurs
De nulle part peut-être
Sur la mer sans couleur précise
Et j'apporte avec moi ... "

Mais il ne dit pas quoi.
Trois oliviers s'étonnent.
Et moi aussi.
Le navire a pour nom " Secret ".

De ses tours et de ses fenêtres
La ville aux habitants cachés
Regarde.


 

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2006-08-07T08:00:00+02:00

Céleste et la goutte d'eau (conte, poèmes et liens pour la classe)

Publié par Joce

   
«
Au milieu du village, il y avait un puits. Un puits moussu et tranquille.
Un bon vieux puits qui ressemblait à tant d’autres : un de ces bons vieux puits, rond et grassouillet, paressant toute la journée au soleil.

Pourtant les légendes du lieu racontaient que ce puits si inoffensif prenait vie les nuits d’équinoxe et qu’il se passait sur la place des phénomènes bien étranges… »

 

Pour lire la suite de mon histoire, il faudra suivre le lien.

Il vous ménera tout droit chez Céleste, un jeune garçon
qui rencontra de fort
belles sorcières...


















undefinedPour travailler en classe sur le Thème de l'eau :


  *  Le dossier de Doctole
* L'eau dans tous ses états (iufm Paris)
* Aquajunior (l'eau en s'amusant)
* Au fil de l'eau (histoires et jeux en Français et en Espagnol)
* Diverses croyances sur le thème des sources



enfant_chat.gif

Chanson de la pluie

Chantal Abraham


Clic, clac, cloc
Plac, plic, ploc
La pluie cogne sur ma porte
Elle vient m'éclabousser
De sa musique endiablée

 

Plic, plac, ploc
Flac, flic, floc
Sur les vitres elle pianote
Elle aimerait m'inviter
A jouer sur son clavier

 

Flic, flac, floc
Clac, clic, cloc
Elle rêve de barboter
Dans les flaques ébouriffées
Avec ses souliers mouillés

 

Mais le soleil l'a chassée
Après l'avoir bien grondée
Clic, clac, cloc
...Elle en a bien profité
Quand il avait le dos tourné !

 


LE JARDIN MOUILLÉ 

Henri de Régnier


 

La croisée est ouverte, il pleut

Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu
Sur le jardin frais et dormant.


Feuille à feuille la pluie éveille

L'arbre poudreux qu'elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S'étire d'un geste engourdi.


L'herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l'on croirait là-bas

Entendre sur le sable et l'herbe

Comme d'imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L'averse semble maille à maille

Tisser la terre avec le ciel...



Dame la pluie

Que faites-vous dame la pluie
Sur mes carreaux frappant ainsi ?
Le ciel a donc tant de chagrin
Qu'il pleure depuis ce matin

 

Que faites-vous dame la pluie
Sur mes carreaux frappant ainsi ?
Lavez-vous le joli jardin
La maison, le toit, le chemin ?

 

Que faites-vous dame la pluie
Sur mes carreaux frappant ainsi

 

 

J'enrage

 Maurice Carême

 

 

Il pleut, il pleut, il mouille.

J'en veux à la grenouille,

A la mésange bleue

Qui chantent quand il pleut.

 

Je donnerais mes billes,

Ma balle et mes groseilles

Pour qu'un peu de soleil

Sorte sur ses béquilles.

 

Mais que peut un enfant

Sinon montrer les dents

Sans jamais oser mordre !

 

Depuis l'aube, j'enrage.

Ah ! si je pouvais tordre

Le cou à ces nuages !

 

 

Je suis là où la pluie commence

Maurice Carême

 

Je suis là où la pluie commence,

Je suis là où la pluie finit.

Je suis la paix et le silence,

La source reflétant la nuit.

Ne me demandez pas pourquoi

Je vois les arbres me sourire,

Les fauvettes fondre de joie,

Le ciel de juin s'approfondir,

Pourquoi je me sens comme un champ

Où, dès l'aube déjà, l'on sème

Autant de joie que de froment.

 


CHANSON DE L'EAU
Jacques Prévert



Furtive comme un petit rat
Un petit rat d' Aubervilliers
Comme la misère qui court les rues
Les petites rues d' Aubervilliers
L'eau courante court sur le pavé
Sur le pavé d' Aubervilliers

Elle se dépêche
Elle est pressée
On dirait qu'elle veut échapper
Echapper à Aubervilliers
Pour s'en aller dans la campagne
Dans les prés et les forêts
Et raconter à ses compagnes
Les rivières les bois et les prés
Les simples rêves des ouvriers
Des ouvriers d'Aubervilliers.

 


 

Le chant de l’eau

Emile Verhaeren

L'entendez-vous, l'entendez-vous,
Le menu flot sur les cailloux ?
Il passe et court et glisse,
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse.

Là-bas,
Le petit bois de cornouillers
Où l'on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers,
Dansa ;
Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers,
Et les putois et les fouines,
Et les souris et les mulots,
Ecoutent
Loin des sentes et loin des routes,
Le bruit de l'eau.

Parmi les prés, parmi les bois,
Chaque caillou que le courant remue
Fait entendre sa voix menue
Comme autrefois ;
Et peut-être que Mélusine
Quant la lune, à minuit, répand comme à foison
Sur les gazons
Ses perles fines,
S'éveille et lentement décroise ses pieds d'or,
Et, suivant que le flot anime sa cadence,
Danse encore
Et danse.


 

 

Chanson de la Seine

Jacques Prévert

 

La Seine a de la chance
elle n'a pas de soucis
elle se la coule douce
le jour comme la nuit
et elle sort de sa source
tout doucement sans bruit
et sans faire de mousse
sans sortir de son lit
elle s'en va vers la mer
en passant par Paris


 

Sous le vieux pont

Max JACOB

 

L'eau, sous le vieux pont,

coule, coule et chante.

L'eau, sous le vieux pont,

berce de son chant

les poissons d'argent.

 

 

L'averse

 Francis CARCO

 

Un arbre tremble sous le vent.

Les volets claquent.

Comme il a plu, l'eau fait des flaques.

Des feuilles volent sous le vent

Qui les disperse

Et brusquement, il pleut à verse.

 

 

Giboulées

Raymond Richard

 

La pluie éparpille un bouquet

De perles tièdes et légères.

On entend chanter les bergères

Et les oiseaux dans les bosquets.

 

Le soleil joue à cache-cache

Avec les gros nuages gris.

Les moutons blancs, les veaux, les vaches,

Dans les prés semblent tout surpris.

 

Et voici que parmi l'ondée,

Comme du fond d'un vrai pastel,

On voit monter, arche irisée,

Le pont joyeux d'un arc-en-ciel.

 

 

 

GOUTTES

GEORGES MACRI

 

Une goutte
Deux gouttes
qui vous tombent
Sur la joue
Dans le cou
On frissonne
On s'étonne
La pluie tombe
Deux gouttes
Trois gouttes
Qui s'ébrouent
Et qui jouent
La pluie tombe
Tout est goutte
Que de gouttes
Qui s'égouttent
Et qui mouillent
Les idées
De la tête
Jusqu'aux pieds.

 

 

Il pleut

Gilbert Trolliet

 

On dirait bien
Qu'il pleut.

Mais le temps de le dire
Le temps de me le dire
Et de savoir comment
Je vais le dire
La dernière
Goutte
Tombe.

Et tout
Comme toujours
Est à recommencer.

 

 

Ah ! que de merveilles scintillent…

Maurice Carême

 

Ah ! que de merveilles scintillent
Lorsque danse une goutte d'eau !
Un ange parfois joue aux billes,
Une étoile tombe au ruisseau.
On ne sait jamais quel manteau
De fée courant dans les jonquilles
On peut coudre avec une aiguille
En rêvant derrière un carreau.

 

 

Le pivert

Pierre Ménanteau

 

- « Il pleut, il pleut, dit le pivert
Couleur de grenouille et d'eau vive.
Va-t-il pleuvoir ?
Ce pays vert va-t-il révéler le revers
De ses feuilles dans l'eau plaintive ?
Il pleut, il pleut, dit le pivert,
Et les averses se poursuivent,
Et le soleil rit au-travers.
- Il pleut, il pleut, dit le pivert
Qui gagne vite le couvert
Des beaux arbres verts sur la rive.
- Il pleut, il pleut, dit-le pivert ».

 

 

Le martin-pêcheur

Robert Desnos

 

Quand Martin, Martin, Martin
Se lève de bon matin,
Le martin pêcheur
Se réveille de bonne heure.

Il va pêcher le goujon
Dans le fleuve, auprès des joncs,
Se régale d'alevins,
Boit de l'eau mais pas de vin.

Puis Martin, Martin, Martin
Va dormir jusqu'au matin.
Je souhaite de grand cœur
Devenir martin-pêcheur.

 

 

UNE FAUVETTE

Claude ROY

 

Avec sa chanson perle à perle
lancée tout droit comme un jet d'eau;
la fauvette soutient le ciel
empêche l'orage de tomber.
Si tu t'arrêtes de chanter
fauvette grisette
j'ai peur qu'il tonne et qu'il pleuve.

 

Gif endjetsesfolies

 

Le crapaud

Robert Desnos

 

Sur les bords de la Marne,
Un crapaud il y a,
Qui pleure à chaudes larmes
Sous un acacia.
- Dis-moi pourquoi tu pleures
Mon joli crapaud ?
-  C'est que j'ai le malheur
De n'être pas beau.
Sur les bords de la Seine
Un crapaud il y a,
Qui chante à perdre haleine
Dans son charabia.
- Dis-moi pourquoi tu chantes
Mon vilain crapaud ?
- Je chante à voix plaisante,
Car je suis très beau,
Des bords de la Marne aux bords de la Seine
Avec les sirènes.

 

 

 

Au bord de l’eau verte

Francis Jammes

 


Au bord de l'eau verte, les sauterelles
sautent ou se traînent,
ou bien sur les fleurs des carottes frêles
grimpent avec peine.

Dans l'eau tiède filent les poissons blancs
auprès d'arbres noirs
dont l'ombre sur l'eau tremble doucement
au soleil du soir.
Deux pies qui crient s'envolent loin, très loin,
loin de la prairie,
et vont se poser sur des tas de foin
pleins d'herbes fleuries.

Trois paysans assis lisent un journal
en gardant les bœufs
près des râteaux aux manches luisants que
touchaient leurs doigts calleux.

Les moucherons minces volent sur l'eau,
sans changer de place.
En se croisant, ils passent, puis repassent,
vont de bas en haut.

Je tape sur les herbes avec une gaule
en réfléchissant
et le duvet des pissenlits s'envole
en suivant le vent.


Le robinet

Robert-Lucien GEERAERT

 

Comme c’est gai

De taquiner

Le robinet !

 

Un petit doigt

Et c’est la joie

D’une cascade.

 

Une main vive,

C’est la lessive

Et la baignade.

 

Coulez, coulez,

Sans vous fâcher,

Mon robinet ! 

 

Aquarelle en cinq minutes

Jules Laforgue

 

Oh ! oh ! le temps se gâte,
L'orage n'est pas loin,
Voilà que l'on se hâte
De rentrer les foins !...

L'abcès perce !
Vl'à l'averse !
O grabuges
Des déluges !....

Oh ! ces ribambelles
D'ombrelles !....

Oh ! cett' Nature
En déconfiture ! ....

Sur ma fenêtre,
Un fuchsia
A l'air paria
Se sent renaître....

 

 

Donnez-moi

Michel de Guyenro

 

Le Nuage : Donnez-moi de l'eau

Pour lavez le paysage.

 

La Rivière : Donnez-moi de l'eau

Ou je vais rentrer sous terre.

 

Le Poisson : Donnez-moi de l'eau

Pour respirer comme il faut.

 

Le Feuillage : Donnez-moi de l'eau

Si vous voulez de l'ombrage.

 

Le Jardin : Donnez-moi de l'eau

Et vous n'aurez plus jamais faim.

 

Le Pré : Donnez-moi de l'eau

Je lèverai votre blé.

 

Le Moulin : Donnez-moi de l'eau

Et je moudrai votre grain...

 

 

La pluie

Massac

 

Floc ! Fait la pluie en clapotant

Hou ! Fait le vent dessous la porte

Le vent qui tout arrache et tout emporte

Frou ! Font les feuilles qui tournoient

Et dans la boue et dans les flaques

Se noient

 

Et Vlan ! Font les portes qui claquent

Nuages gris tout gonflés d'eau

Ciel bas où la bourrasque tonne

Manteaux trempés

Sabots, voilà l'automne.

 

illustration "Au fil de l'eau"

 

Comme l'eau passe

 Maurice Carême

 

Une rivière sur laquelle

Se couche à l'aise tout le ciel,

 

Quatre platanes qui se penchent

Jusqu'à toucher l'eau de leurs branches.

 

L'été scintille, transparent,

Avec l'éclat d'un diamant

 

Qu'un soleil lent mais entêté

Ne cesse jamais de tailler.

 

Comme l'eau passe devant moi,

Le temps coule entre les doigts

 

 

 


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