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Articles avec #enfant different catégorie

2006-09-02T11:58:00+02:00

Maman-Lune

Publié par Joce








 











Maman Lune l'avait promis... Elle viendrait la chercher bientôt. Elle lui avait dit :
-" Quand je serai bien ronde, bien pleine et couleur ivoire, je t'emmènerai avec
moi. Ne m'oublie pas. "

Un mois plus tard, la petite fille la guettait, derrière la fenêtre. Il ne faisait pas
encore nuit mais sait-on jamais ? Elle était si impatiente de la revoir !
Ne pouvant attendre plus longtemps, elle se glissa à l'extérieur et courut pieds
nus dans l'herbe humide du jardin, sa robe de chambre rose flottant au vent.
Que les jours sont interminables, au mois de juin ! D'habitude, elle est ravie de

pouvoir jouer et jouer encore, mais à présent, elle avait une amie, c'était différent.
Elle l'appelait " Maman Lune " car celle-ci lui avait confié :
-" Personne n'a jamais pensé à me donner un nom… Si nous sommes amies,
j'aimerais que tu puisses m'appeler comme le font toutes les amies... Toi, je
sais comment tu te nommes, c'est Clémence ! "



Pour lire cette histoire dont le thème est la trisomie, il faut cliquer sur le lien suivant :





La Différence

Jean-Pierre Siméon

   

Pour chacun une bouche deux yeux
deux mains deux jambes

Rien ne ressemble plus à un homme
qu'un autre homme

Alors
entre la bouche qui blesse
et la bouche qui console


entre les yeux qui condamnent
et les yeux qui éclairent

 

entre les mains qui donnent
et les mains qui dépouillent

entre le pas sans trace
et les pas qui nous guident

où est la différence
la mystérieuse différence ?

 

Lettre aux gens très sages

Jean-Pierre Siméon

 

Non il n'est pas fou
Celui qui parle au vent
Aux murs aux rues aux lampadaires

A l'ombre du chat sur la fenêtre
Aux mains fragiles
Qui l'aiment et le connaissent

Il n'est pas fou
Celui qui voit la mer
Dans son miroir
Et des chiens bleus
Dans les nuages

Non il n'est pas fou
Il rêve il rêve
Et nous attend
Sous le manteau de son mystère
Au cœur du monde imagé.

 

Poème à mon frère blanc

Léopold SEDAR SENGHOR


Cher frère blanc,
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur ?

 

 

L'homme qui te ressemble

René Philombe

 

Pourquoi me demander

La longueur de mon nez

L'épaisseur de ma bouche

La couleur de ma peau

Et le nom de mes dieux,

Ouvre-moi mon frère !...

 

Je ne suis pas un noir

Je ne suis pas un rouge

Je ne suis pas un jaune

Je ne suis pas un blanc

 

Mais je ne suis qu'un homme

 

Ouvre-moi mon frère !...

Ouvre-moi ta porte

Ouvre-moi ton cœur

Car je suis un homme

L'homme de tous les temps

L'homme de tous les cieux

 

L'homme qui te ressemble !

 

 

 

Cher Frère Blanc

Anonyme

 

Quand je suis né, j'étais noir
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je vais au soleil, je suis noir,
Quand j'ai peur, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir

 

Tandis que toi, Frère Blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Et c'est encore toi qui as le toupet
De me traiter d'homme de couleur !...

 

L'anneau

Marcel BEALU

 

Pour les fiançailles d'amour
Des peuples redevenus frères
Les hommes construiront un jour
Par dessus continents et mers
Par dessus rives et rivières
Un pont sans arches ni piliers
Un pont qui tiendra dans les airs
Sans aide aucune à rien lié
Comme un grand arc-en-ciel de pierre
Qui fera le tour de la terre

 

 

 

Toi-Moi

Andrée Chédid

 

Par l'univers-planète
univers à toute bride
Par l'univers-bourdon
dans chaque cellule du corps

Par les mots qui s'engendrent
Par cette parole étranglée
Par l'avant-scène du présent
Par vents d'éternité

 

Par cette naissance qui nous décerne le monde
Par cette mort qui l'escamote
Par cette vie
Plus bruissante que tout l'imaginé.

 

TOI
Qui que tu sois !
Je te suis plus proche qu'étranger.

 

 

Sourire

Michel Cosem

 

Ton sourire ouvre la porte du monde
ton geste doux parle d'un pays
d'arbres et de sources
de chants ensoleillés
de tambours qui battent dans la nuit
de légendes au cœur gros
du blé qui pousse si haut dans la montagne
et du vent au goût de résine

 

Ton sourire ouvre la porte du monde
il est comme un cerf-volant dans l'azur
il va et vient et ne veut jamais s'arrêter

 

 

Les histoires de Tante Suzanne

Langston Hughes

 

Tante Suzanne a la tête pleine d'histoires.
Tante Suzanne a son cœur tout plein d'histoires.
Les soirs d'été sur la véranda de la façade
Tante Suzanne serre tendrement un enfant brun sur son sein
Et lui raconte des histoires.
Des esclaves noirs
Qui travaillent à la chaleur du soleil
Des esclaves noirs
Qui marchent dans la rosée des nuits
Des esclaves noirs
Qui chantent des chansons douloureuses sur les bords d'un immense fleuve
Se mêlent sans bruit
Dans le flot continu des paroles de la vielle Tante Suzanne,
Se mêlent sans bruit
Entre les ombres noires qui traversent et retraversent
Les histoires de Tante Suzanne.
Et l'enfant au visage sombre qui écoute
Sait bien que les histoires de Tante Suzanne sont de vraies histoires.

 

Il sait bien que Tante Suzanne
N'a jamais tiré d'aucun livre ses histoires.
Mais qu'elles ont surgi
Tout droit de sa propre existence.

 

Et l'enfant au visage sombre se tient tranquille
Les soirs d'été
Quand il écoute les histoires de Tante Suzanne.

 

 

En dépit de mes cheveux blonds

Nazim Hikmet

 

Mes frères
En dépit de mes cheveux blonds
Je suis Asiatique.
En dépit de mes yeux bleus
Je suis Africain.
Chez moi, là-bas, les arbres n'ont pas d'ombre à leur pied
Tout comme les vôtres, là-bas.
Chez moi, là-bas, le pain quotidien est dans la gueule du lion.
Et les dragons sont couchés devant les fontaines
Et l'on meurt chez moi avant la cinquantaine
Tout comme chez vous là-bas.

 

En dépit de mes cheveux blonds
Je suis Asiatique.
En dépit de mes yeux bleus
Je suis Africain.
Quatre-vingts pour cent des miens ne savent ni lire ni écrire
Et cheminant de bouche en bouche les poèmes deviennent chansons.
Là-bas, chez moi, les poèmes deviennent drapeaux
Tout comme chez vous, là-bas.

 

(gif Petitemimine)

 

L’HOMME BLANC
Gilbert  TROLLIET


Comment
le pauvre Noir  
s'explique
la peau blanche du Blanc
 
Dieu survint
et dit:
Qu'as-tu fait de ton frère?
 
Il pâlit pour toujours.

Le petit noir

Maurice Carême

 

Le petit noir voit tout en rose
 Même les épines
Quel oiseau sur son cœur se pose
 Pour chanter l’avril ?

Rien qu’une jonquille et voilà
 Dans son âme ronde
Plus de soleil qu’il n’en faudra
 Pour dorer le monde.

Il nous regarde sans savoir
 Que son front se nimbe,
Et les choses, dans ses mains noires,
 Redeviennent simples.


 

 

D'ailleurs et d'ici

Michel Voiturier

 

Ali bafouille son français
Giuseppe rêve du soleil
Kasongo agite une amulette
Amalia rit de ses lèvres de poivron
José gigote sa samba

 

Dans la cour
ils éclatent en rires clairs
sur la marelle dessinée

 

Et moi Benoît
seul dans mon coin
où l'ombre devient fraîche
je déballe une sucette
parce que mon papa
croit que les rois sont blancs

 

 

Ostracisme
Michel Deville


Il est tout malheureux, le petit lapin noir
Que sa blanche maman, ce soir, a rejeté
De la communauté.
Pas de lapin noir
Chez les lapins blancs,
C'est clair mon enfant?
    Bonsoir!
   Et on lui claque au nez la porte.

Il est jeune, il fait froid, qu'importe.
Rien ne sert d'insister,
Il faut patte blanche montrer.
Alors, le petit lapin noir,
Dans un extrême désespoir,
Mais n'ayant pas de carabine,
Va se noyer dans la farine.
La neige, en rafale, soudain,
Hélas, lui bloque le chemin
     Du moulin.
     Quel destin,
   Dieu, quel destin, petit lapin!
      Lors, toute la nuit, il attend,
      Et le lendemain, au matin,
   Quand sa maman le voit dans son beau manteau blanc
   Et qu'il n'est plus question de le laisser dehors,
   Le petit lapin noir, vraiment, est bien content,
      Bien que mort.

 

Bouquet

Claude Haller

 

Regarde

Les fusées sont de toutes les couleurs

Des bleues des ors des rouges

Vite faut en faire un bouquet

 

Regarde

Les ballons sont de toutes les couleurs

Des roses des verts des orange

Vite faut en faire un bouquet

 

Regarde

Les enfants sont de toutes les couleurs

Des noirs des marron des blancs des jaunes

Des cuivrés des basanés

Vite faut en faire un bouquet

 

Au premier regard

Frédéric Kiesel

 

Au premier regard

Sans un mot

Nous savions tout l’un de l’autre.

Une famille invisible

Nous réunit.

Point besoin de dire :

« Nous sommes amis. »

C’était ainsi depuis tout temps.

Une émotion ? A peine.

Pour moi, tu as toujours raison

Et moi pour toi.

Nous sommes prêts à tout l’un pour l’autre,

Tu donnes, je donne sans calcul.

Pourquoi ?

Ce plaisir léger, tenace,

Parfume, discret, pudique,

La vie

Meilleure qu’elle-même.

 

 

Les gens du voyage

Frédéric Charles

 

Hommes du voyage

femmes de la route

et gamins des Toujours-plus-loin

vos murs ont des ailes

et vos ailes en battant dérangent un peu

nos mèches de cheveux.

 

Elles les dérangent

parce qu’elles ont besoin d’être dérangées

pour doucement nous faire croire

qu’en nous

nous aussi

nous marchons.

 

 

 

Chaque visage est un miracle

Tahar Ben Jelloun

 

 

Un enfant noir, à la peau noire, aux yeux noirs, aux cheveux crépus ou frisés, est un enfant.

Un enfant blanc, à la peau rose, aux yeux bleus ou verts, aux cheveux blonds et raides, est un enfant.

L'un et l'autre, le noir et le blanc, ont le même sourire quand une main leur caresse le visage,

quand on les regarde avec amour et leur parle avec tendresse. Ils verseront les mêmes larmes si on les

contrarie, si on leur fait mal. (...)

Il n'existe pas deux visages absolument identiques. Chaque visage est un miracle. Parce qu'il est

unique. Deux visages peuvent se ressembler; ils ne seront jamais tout à fait les mêmes. La vie est

justement ce miracle, ce mouvement permanent et changeant et qui ne reproduit jamais le même

visage. (...)

Vivre ensemble est une aventure où l'amour, l'amitié est une belle rencontre avec ce qui n'est pas

moi, avec ce qui est toujours différent de moi et qui m'enrichit.

 

 

Il m’a dit

Edmond Jabès

 

Il m’a dit :
Ma race est la race jaune ;
J’ai répondu :
Je suis de ta race.

Il m’a dit :
Ma race est la race noire.
J’ai répondu :
Je suis de ta race.

Il m’a dit :
Ma race est la race blanche.
J’ai répondu :
Je suis de ta race ;

car mon soleil fut l’étoile jaune
car je suis enveloppé de nuit ;
car mon âme, comme la pierre de la loi
est blanche.

 

 

Le cosmonaute et son hôte

Pierre Gamarra

 

Sur une planète inconnue,
un cosmonaute rencontra
un étrange animal;
il avait le poil ras,
une tête trois fois cornue,
trois yeux, trois pattes et trois bras!
« Est-il vilain! pensa le cosmonaute
en s'approchant prudemment de son hôte.
Son teint a la couleur d'une vieille échalote,
son nez a l'air d'une carotte.
Est-ce un ruminant? Un rongeur? »
Soudain, une vive rougeur
colora plus encor le visage tricorne.
Une surprise sans bornes
fit chavirer ses trois yeux.
<< Quoi! Rêvé-je? dit-il. D'où nous vient, justes cieux,
ce personnage si bizarre sans crier gare !
Il n'a que deux mains et deux pieds,

il n'est pas tout à fait entier.
Regardez comme. il a l'air bête, il n'a que deux yeux dans la tête !
Sans cornes, comme il a l'air sot ! »
C'était du voyageur arrivé de la terre
que parlait l'être planétaire.
Se croyant seul parfait et digne du pinceau,
il trouvait au Terrien un bien vilain museau.
Nous croyons trop souvent que, seule, notre tête
est de toutes la plus parfaite!

 

 

Viens en France, enfant lointain

Alain Bosquet

 

Viens en France, enfant lointain,
Nous avons des blés qui dansent,
Qui dansent : on dirait des poupées.

 

Viens en France, enfant lointain,
Nous avons des villes vieilles,
Vieilles dont chaque pierre a une histoire;
Et des villes jeunes, jeunes,
Plus jeunes que toi.

 

Viens en France, enfant lointain,
Tu connaîtras des garçons comme toi,
Qui jouent qui apprennent,
Qui veulent être heureux.

 

Viens à Paris, enfant lointain
Dans ma maison, il y a de la musique,
Du soleil, des gâteaux, des livres profonds,
Et au dehors une girafe énorme : La Tour Eiffel
Que tu pourras peindre en Bleu,
En Mauve, en Rouge,
Tant que tu voudras. 

 

 

Fortune

Joseph Paul Schneider


Il y a toujours quelque part
Quelqu’un debout devant une porte
inconnu   ennemi   ami
noir, jaune ou blanc qu’importe

 

parle pour l’amitié
viens au secours
de celui qui attend
laisse parler le cœur

 

la porte que tu ouvres
est chance pour lui
      chance pour toi

 

ta générosité est ta fortune.

 

 

La grande humanité

Nazim Hikmet

 

La grande humanité voyage sur le pont des navires
Dans les trains de troisième classe
Sur les routes à pied
La grande humanité

 

La grande humanité va au travail à huit ans
Elle se marie à vingt
Meurt à quarante
La grande humanité

 

Le pain suffit à tous sauf à la grande humanité
Le riz aussi
Le sucre aussi
Le tissu aussi
Le livre aussi
Cela suffit à tous sauf à la grande humanité.

 

Il n’y a pas d’ombre sur la terre de la grande humanité
Pas de lanternes dans ses rues
Pas de vitres à ses fenêtres
Mais elle a son espoir la grande humanité
On ne peut vivre sans espoir.

 

 

Un nègre

Maurice Carême

 

C’était un nègre entre des blancs,
Un nègre noir étonnamment.

 

Dans le soleil, il paraissait
Plus noir encor parmi les blancs.

 

Mais, le soir, au milieu des blancs
Que personne n’apercevait,

 

C’est lui, le noir, lui qui luisait
Comme une étoile au ciel tremblant,

 

Lui qui luisait d’une lumière
Qui ne venait pas de la terre.

 

 

 

Toi, dit l’homme blanc

Yves Yaneck

 

Toi, dit l’enfant blanc
A l’enfant noir
Tu te fonds
Dans la nuit noire

 

Toi, dit l’enfant jaune
A l’enfant blanc
Tu te fonds
dans l’aube blanche

 

Toi, dit l’enfant rouge
A l’enfant jaune
Tu te fonds Dans le midi du jour

 

Et toi, dit l’enfant noir
A l’enfant rouge
Tu te fonds
dans le cuivre du couchant

 

Mais alors
Dirent les quatre enfants
Nous sommes
Les heures vives
De la vie.

 

 

L’équipe

Malick Fall

 

J’ai d’étranges amis
Un Juif un Berbère un Hottentot
Un Arabe un Indien un Zoulou
Un métis de je ne sais qui
D’on ne sait où

 

Ils trouvent
Je ne sais comment
A s’entendre sur des mots graves
En s’esclaffant des rixes vaines
J’ai des amis étranges
N’est-ce pas ?

 

 

Bonté

Maurice Carême

 

Il faut plus d’une pomme
Pour emplir un panier.
Il faut plus d’un pommier
Pour que chante un verger.
Mais il ne faut qu’un homme
Pour qu’un peu de bonté
Luise comme une pomme
Que l’on va partager.

 

 

 

 

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