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2006-08-07T08:00:00+02:00

Céleste et la goutte d'eau (conte, poèmes et liens pour la classe)

Publié par Joce

   
«
Au milieu du village, il y avait un puits. Un puits moussu et tranquille.
Un bon vieux puits qui ressemblait à tant d’autres : un de ces bons vieux puits, rond et grassouillet, paressant toute la journée au soleil.

Pourtant les légendes du lieu racontaient que ce puits si inoffensif prenait vie les nuits d’équinoxe et qu’il se passait sur la place des phénomènes bien étranges… »

 

Pour lire la suite de mon histoire, il faudra suivre le lien.

Il vous ménera tout droit chez Céleste, un jeune garçon
qui rencontra de fort
belles sorcières...


















undefinedPour travailler en classe sur le Thème de l'eau :


  *  Le dossier de Doctole
* L'eau dans tous ses états (iufm Paris)
* Aquajunior (l'eau en s'amusant)
* Au fil de l'eau (histoires et jeux en Français et en Espagnol)
* Diverses croyances sur le thème des sources



enfant_chat.gif

Chanson de la pluie

Chantal Abraham


Clic, clac, cloc
Plac, plic, ploc
La pluie cogne sur ma porte
Elle vient m'éclabousser
De sa musique endiablée

 

Plic, plac, ploc
Flac, flic, floc
Sur les vitres elle pianote
Elle aimerait m'inviter
A jouer sur son clavier

 

Flic, flac, floc
Clac, clic, cloc
Elle rêve de barboter
Dans les flaques ébouriffées
Avec ses souliers mouillés

 

Mais le soleil l'a chassée
Après l'avoir bien grondée
Clic, clac, cloc
...Elle en a bien profité
Quand il avait le dos tourné !

 


LE JARDIN MOUILLÉ 

Henri de Régnier


 

La croisée est ouverte, il pleut

Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu
Sur le jardin frais et dormant.


Feuille à feuille la pluie éveille

L'arbre poudreux qu'elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S'étire d'un geste engourdi.


L'herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l'on croirait là-bas

Entendre sur le sable et l'herbe

Comme d'imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L'averse semble maille à maille

Tisser la terre avec le ciel...



Dame la pluie

Que faites-vous dame la pluie
Sur mes carreaux frappant ainsi ?
Le ciel a donc tant de chagrin
Qu'il pleure depuis ce matin

 

Que faites-vous dame la pluie
Sur mes carreaux frappant ainsi ?
Lavez-vous le joli jardin
La maison, le toit, le chemin ?

 

Que faites-vous dame la pluie
Sur mes carreaux frappant ainsi

 

 

J'enrage

 Maurice Carême

 

 

Il pleut, il pleut, il mouille.

J'en veux à la grenouille,

A la mésange bleue

Qui chantent quand il pleut.

 

Je donnerais mes billes,

Ma balle et mes groseilles

Pour qu'un peu de soleil

Sorte sur ses béquilles.

 

Mais que peut un enfant

Sinon montrer les dents

Sans jamais oser mordre !

 

Depuis l'aube, j'enrage.

Ah ! si je pouvais tordre

Le cou à ces nuages !

 

 

Je suis là où la pluie commence

Maurice Carême

 

Je suis là où la pluie commence,

Je suis là où la pluie finit.

Je suis la paix et le silence,

La source reflétant la nuit.

Ne me demandez pas pourquoi

Je vois les arbres me sourire,

Les fauvettes fondre de joie,

Le ciel de juin s'approfondir,

Pourquoi je me sens comme un champ

Où, dès l'aube déjà, l'on sème

Autant de joie que de froment.

 


CHANSON DE L'EAU
Jacques Prévert



Furtive comme un petit rat
Un petit rat d' Aubervilliers
Comme la misère qui court les rues
Les petites rues d' Aubervilliers
L'eau courante court sur le pavé
Sur le pavé d' Aubervilliers

Elle se dépêche
Elle est pressée
On dirait qu'elle veut échapper
Echapper à Aubervilliers
Pour s'en aller dans la campagne
Dans les prés et les forêts
Et raconter à ses compagnes
Les rivières les bois et les prés
Les simples rêves des ouvriers
Des ouvriers d'Aubervilliers.

 


 

Le chant de l’eau

Emile Verhaeren

L'entendez-vous, l'entendez-vous,
Le menu flot sur les cailloux ?
Il passe et court et glisse,
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse.

Là-bas,
Le petit bois de cornouillers
Où l'on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers,
Dansa ;
Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers,
Et les putois et les fouines,
Et les souris et les mulots,
Ecoutent
Loin des sentes et loin des routes,
Le bruit de l'eau.

Parmi les prés, parmi les bois,
Chaque caillou que le courant remue
Fait entendre sa voix menue
Comme autrefois ;
Et peut-être que Mélusine
Quant la lune, à minuit, répand comme à foison
Sur les gazons
Ses perles fines,
S'éveille et lentement décroise ses pieds d'or,
Et, suivant que le flot anime sa cadence,
Danse encore
Et danse.


 

 

Chanson de la Seine

Jacques Prévert

 

La Seine a de la chance
elle n'a pas de soucis
elle se la coule douce
le jour comme la nuit
et elle sort de sa source
tout doucement sans bruit
et sans faire de mousse
sans sortir de son lit
elle s'en va vers la mer
en passant par Paris


 

Sous le vieux pont

Max JACOB

 

L'eau, sous le vieux pont,

coule, coule et chante.

L'eau, sous le vieux pont,

berce de son chant

les poissons d'argent.

 

 

L'averse

 Francis CARCO

 

Un arbre tremble sous le vent.

Les volets claquent.

Comme il a plu, l'eau fait des flaques.

Des feuilles volent sous le vent

Qui les disperse

Et brusquement, il pleut à verse.

 

 

Giboulées

Raymond Richard

 

La pluie éparpille un bouquet

De perles tièdes et légères.

On entend chanter les bergères

Et les oiseaux dans les bosquets.

 

Le soleil joue à cache-cache

Avec les gros nuages gris.

Les moutons blancs, les veaux, les vaches,

Dans les prés semblent tout surpris.

 

Et voici que parmi l'ondée,

Comme du fond d'un vrai pastel,

On voit monter, arche irisée,

Le pont joyeux d'un arc-en-ciel.

 

 

 

GOUTTES

GEORGES MACRI

 

Une goutte
Deux gouttes
qui vous tombent
Sur la joue
Dans le cou
On frissonne
On s'étonne
La pluie tombe
Deux gouttes
Trois gouttes
Qui s'ébrouent
Et qui jouent
La pluie tombe
Tout est goutte
Que de gouttes
Qui s'égouttent
Et qui mouillent
Les idées
De la tête
Jusqu'aux pieds.

 

 

Il pleut

Gilbert Trolliet

 

On dirait bien
Qu'il pleut.

Mais le temps de le dire
Le temps de me le dire
Et de savoir comment
Je vais le dire
La dernière
Goutte
Tombe.

Et tout
Comme toujours
Est à recommencer.

 

 

Ah ! que de merveilles scintillent…

Maurice Carême

 

Ah ! que de merveilles scintillent
Lorsque danse une goutte d'eau !
Un ange parfois joue aux billes,
Une étoile tombe au ruisseau.
On ne sait jamais quel manteau
De fée courant dans les jonquilles
On peut coudre avec une aiguille
En rêvant derrière un carreau.

 

 

Le pivert

Pierre Ménanteau

 

- « Il pleut, il pleut, dit le pivert
Couleur de grenouille et d'eau vive.
Va-t-il pleuvoir ?
Ce pays vert va-t-il révéler le revers
De ses feuilles dans l'eau plaintive ?
Il pleut, il pleut, dit le pivert,
Et les averses se poursuivent,
Et le soleil rit au-travers.
- Il pleut, il pleut, dit le pivert
Qui gagne vite le couvert
Des beaux arbres verts sur la rive.
- Il pleut, il pleut, dit-le pivert ».

 

 

Le martin-pêcheur

Robert Desnos

 

Quand Martin, Martin, Martin
Se lève de bon matin,
Le martin pêcheur
Se réveille de bonne heure.

Il va pêcher le goujon
Dans le fleuve, auprès des joncs,
Se régale d'alevins,
Boit de l'eau mais pas de vin.

Puis Martin, Martin, Martin
Va dormir jusqu'au matin.
Je souhaite de grand cœur
Devenir martin-pêcheur.

 

 

UNE FAUVETTE

Claude ROY

 

Avec sa chanson perle à perle
lancée tout droit comme un jet d'eau;
la fauvette soutient le ciel
empêche l'orage de tomber.
Si tu t'arrêtes de chanter
fauvette grisette
j'ai peur qu'il tonne et qu'il pleuve.

 

Gif endjetsesfolies

 

Le crapaud

Robert Desnos

 

Sur les bords de la Marne,
Un crapaud il y a,
Qui pleure à chaudes larmes
Sous un acacia.
- Dis-moi pourquoi tu pleures
Mon joli crapaud ?
-  C'est que j'ai le malheur
De n'être pas beau.
Sur les bords de la Seine
Un crapaud il y a,
Qui chante à perdre haleine
Dans son charabia.
- Dis-moi pourquoi tu chantes
Mon vilain crapaud ?
- Je chante à voix plaisante,
Car je suis très beau,
Des bords de la Marne aux bords de la Seine
Avec les sirènes.

 

 

 

Au bord de l’eau verte

Francis Jammes

 


Au bord de l'eau verte, les sauterelles
sautent ou se traînent,
ou bien sur les fleurs des carottes frêles
grimpent avec peine.

Dans l'eau tiède filent les poissons blancs
auprès d'arbres noirs
dont l'ombre sur l'eau tremble doucement
au soleil du soir.
Deux pies qui crient s'envolent loin, très loin,
loin de la prairie,
et vont se poser sur des tas de foin
pleins d'herbes fleuries.

Trois paysans assis lisent un journal
en gardant les bœufs
près des râteaux aux manches luisants que
touchaient leurs doigts calleux.

Les moucherons minces volent sur l'eau,
sans changer de place.
En se croisant, ils passent, puis repassent,
vont de bas en haut.

Je tape sur les herbes avec une gaule
en réfléchissant
et le duvet des pissenlits s'envole
en suivant le vent.


Le robinet

Robert-Lucien GEERAERT

 

Comme c’est gai

De taquiner

Le robinet !

 

Un petit doigt

Et c’est la joie

D’une cascade.

 

Une main vive,

C’est la lessive

Et la baignade.

 

Coulez, coulez,

Sans vous fâcher,

Mon robinet ! 

 

Aquarelle en cinq minutes

Jules Laforgue

 

Oh ! oh ! le temps se gâte,
L'orage n'est pas loin,
Voilà que l'on se hâte
De rentrer les foins !...

L'abcès perce !
Vl'à l'averse !
O grabuges
Des déluges !....

Oh ! ces ribambelles
D'ombrelles !....

Oh ! cett' Nature
En déconfiture ! ....

Sur ma fenêtre,
Un fuchsia
A l'air paria
Se sent renaître....

 

 

Donnez-moi

Michel de Guyenro

 

Le Nuage : Donnez-moi de l'eau

Pour lavez le paysage.

 

La Rivière : Donnez-moi de l'eau

Ou je vais rentrer sous terre.

 

Le Poisson : Donnez-moi de l'eau

Pour respirer comme il faut.

 

Le Feuillage : Donnez-moi de l'eau

Si vous voulez de l'ombrage.

 

Le Jardin : Donnez-moi de l'eau

Et vous n'aurez plus jamais faim.

 

Le Pré : Donnez-moi de l'eau

Je lèverai votre blé.

 

Le Moulin : Donnez-moi de l'eau

Et je moudrai votre grain...

 

 

La pluie

Massac

 

Floc ! Fait la pluie en clapotant

Hou ! Fait le vent dessous la porte

Le vent qui tout arrache et tout emporte

Frou ! Font les feuilles qui tournoient

Et dans la boue et dans les flaques

Se noient

 

Et Vlan ! Font les portes qui claquent

Nuages gris tout gonflés d'eau

Ciel bas où la bourrasque tonne

Manteaux trempés

Sabots, voilà l'automne.

 

illustration "Au fil de l'eau"

 

Comme l'eau passe

 Maurice Carême

 

Une rivière sur laquelle

Se couche à l'aise tout le ciel,

 

Quatre platanes qui se penchent

Jusqu'à toucher l'eau de leurs branches.

 

L'été scintille, transparent,

Avec l'éclat d'un diamant

 

Qu'un soleil lent mais entêté

Ne cesse jamais de tailler.

 

Comme l'eau passe devant moi,

Le temps coule entre les doigts

 

 

 


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2006-08-03T17:14:00+02:00

Chat, vous avez dit chat...

Publié par Joce

 

Je dois être un peu sorcière... J'aime tant les chats !

 

Chats de gouttière, chats de race, pattes de velours et griffes câlines, l'univers des chats me fascine.

 

J'ai écris plusieurs histoires de chat et je crois que je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin :


 

 

 

 

 

 

Des poèmes sur les chats

à la page "Printemps"...

Cliquez ! Ici ! 


 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Pirouettes accueil

 

 

 




 

 

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2006-08-01T10:05:40+02:00

La Linéa

Publié par Joce








J'adore ce petit personnage bougon d'Osvaldo Cavandoli.

Quelques coups de crayon suffisent à cet illustrateur pour nous faire pénétrer dans son univers.


Un clic et vous découvrirez les aventures du petit bonhomme râleur sur TV5 :

 


 

 

 


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2006-07-29T08:54:00+02:00

Sylvain Macchi et les loups

Publié par Joce

 

Je viens de découvrir les magnifiques photos de Sylvain Macchi, cet ami des loups :

 

En fond sonore, Richard Berry lit un très beau texte de Franck Thomas, sur une musique de Romane.

 

"Un pays sans loup, c'est un pays sans légende".

 

 

 

J'ai écrit une histoire de loup et de maternité,
à cette adresse :


La jeune mère indienne


 


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2006-07-27T11:20:00+02:00

Chartres

Publié par Joce


 







S
i ma famille réside en Provence,

moi, je vis dans une jolie région de la vallée de l'Eure,

à quelques kilomètres de Chartres.

 

Voici justement une histoire qui parle de Chartres:

 

 

Matin de Pâques


 

 * Découvrir le château de Maintenon chez Michka

 * Les bords de l'Eure, à Chartres, chez Patrick

 

*Une vidéo de Chartres

*L'Esprit de l'escalier

*Vidéo de la cathédrale

 

chartres-automne--Jean-Feugereux.jpgJean Feugereux

 

Constant-Duval-Rive-fleurie.jpg

Constant Duval

 

  Lire des légendes de la Beauce et du Perche :

"Le Violoneux de Saint-Brice"

" Le loup gobeur et le renard rusé"

 

 


Une toute petite ville

Jacques Mercier


J'habite loin, loin de Paris

Une toute petite ville.

Pas de métro, pas de taxi,

Elle n'a qu'une rue tranquille.


Nous n'avons pas de tour Eiffel

Mais un clocher à notre église.

Parfois s'installe un carrousel

Près du marchand de friandise.


On trouve aucun pont Mirabeau,

Aucune Arche de la Défense,

Mais un étang et un ruisseau,

Que l'on connaît depuis l'enfance. 

 

 

LE PAYS

Charles-Ferdinand Ramuz

 

C'est un petit pays qui se cache parmi
ses bois et ses collines;
il est paisible, il va sa vie
sans se presser sous ses noyers
il a de beaux vergers et de beaux champs de blé,
des champs de trèfle et de luzerne,
roses et jaunes dans les prés,
par grands carrés mal arrangés;
il monte vers les bois, il s'abandonne aux pentes
vers les vallons étroits où coulent des ruisseaux
et, la nuit, leurs musiques d'eau
sont là comme un autre silence. 

 

 

LES MAISONS

Charles-Ferdinand Ramuz

 

Les vieilles maisons sont toutes voûtées,
elles sont comme des grands-mères
qui se tiennent assises, les mains sur les genoux,
parce qu'elles ont trop travaillé dans leur vie
mais les neuves sont fraîches et jolies
comme des filles à fichus
qui, ayant dansé, vont se reposer
et qui se sont mis une rose au cou.

Le soleil couchant brille dans les vitres,
les fumées montent dévidées
et leurs écheveaux embrouillés
tissent aux branches des noyers
de grandes toiles d'araignées.

Et, pendant la nuit, sur les toits,
l'heure du clocher dont les ressorts crient –
et le poids descend –
s'en va vers les champs
et réveille subitement
toutes les maisons endormies.

 

 

J'aime la Ville
Andrée Chédid

J'aime la Ville
Ni facile
Ni tranquille
Avec son va-et-vient
Que personne ne retient

 

J'aime la Cité
Qu'elle soit mystère
Ou solaire
Avec ses visages
Tous de passage

 

J'aime la Capitale
Ses impasses ses boulevards
Le bonheur d'une fontaine
Les plaisirs du hasard
La beauté de la Seine
Ses arbres sous le brouillard

 

J'aime Paris
Souveraine
Toutes ses vies en mouvement
Toutes ces minutes urbaines
Que disperse le temps

 

J'y chemine
Anonyme
Aussi libre
Que le vent !



RECETTE

EUGENE GUILLEVIC

 

Prenez un toit de vieilles tuiles
Un peu avant midi.
Placez tout à côté
Un tilleul déjà grand
Remué par le vent.
Mettez au-dessus d'eux
Un ciel de bleu, lavé
Par des nuages blancs.
Laissez-les faire.
Regardez-les.





L’embouteillage

Jacques CHARPENTREAU

 

Feu vert Feu vert Feu vert !

Le chemin est ouvert !

Tortues blanches, tortues grises, tortues noires,

Tortues têtues Tintamarre !

Les autos crachotent,

Toussotent, cahotent

Quatre centimètres

Puis toutes s’arrêtent.

 

Feu rouge Feu rouge Feu rouge !

Pas une ne bouge !

Tortues jaunes, tortues beiges, tortues noires,

Tortues têtues Tintamarre !

Hoquettent, s’entêtent,

Quatre millimètres,

Pare-chocs à pare-chocs

Les voitures stoppent.

 

Blanches, grises, vertes, bleues,

Tortues à la queue leu leu,

Jaunes, rouges, beiges, noires,

Tortues têtues Tintamarre !

Bloquées dans vos carapaces

Regardez-moi bien : je passe ! 

 

 

L'automobile

Pierre Gamarra

 

Une jeune automobile

pour la première fois se promenait en ville,

fière de ses fraîches couleurs,

de ses chromes, de son moteur.

_ Ah ! disait-elle à ses sœurs,

_ voyez comme je suis belle !

Je peux filer pareille à l'hirondelle

plus vite que le vent et je peux m'arrêter

au moindre coup de frein.

Je suis, en vérité, la championne de la distance,

de la grâce et de la prestance

et de la rapidité.

Or, sachez que je ne dépense

qu'un peu d'huile et qu'un peu d'essence.

Je glisse sur mes quatre pneus

comme sur un tapis laineux,

franchissant les coteaux, les montagnes, les plaines...

On m'admire partout ; partout, je suis la Reine.

On ne saurait rêver plus splendide cadeau.

Une très vieille torpédo qui sommeillait au garage,

grommela sur son passage :

_ Je n'en disconviens pas. Tout ceci est fort bien,

tu vas, tu viens,

tu vires

mais tu ne servirais de rien

sans un chauffeur pour te conduire.

 

 

Grand standigne

RAYMOND QUENEAU

 

Un jour on démolira
Ces immeubles si modernes
On en cassera les carreaux
De plexiglas et d'ultravitre
On démontera les fourneaux
Construits à polytechnique
On sectionnera les antennes
Collectives de télévision
On dévissera les ascenseurs
On anéantira les vide-ordures
On broiera les chauffoses
On pulvérisera les frigidons
Quand ces immeubles vieilliront
Du poids infini de la vieillesse des choses. 

 

 

Le chantier

Jane DELIGNAC

 

Deux grues,
Ferrailles et contre-poids,
Font le pied de grue,
A l'ombre de mon toit.

Elles attendent les hommes,
Les hommes qui les manœuvrent,
Pour nous faire à pied d'œuvre
Un semblant de chef-d'œuvre.
Soudain, c'est la sirène :
Un autre jour commence,
Avec la vie qu'il ramène
Le calvaire recommence.
Pétarades de moteurs...
Scies, perceuses électriques...
Marteaux piqueurs...
Et engins mécaniques...
Pour les voisins que nous sommes,
Jusqu'en nous les bruits résonnent.
Enfin,
Voici midi qui sonne !
Dans le chantier assoupi,
Ne verrons plus personne
Pour deux heures de répit.

 

 

Dans cette ville

Béatrice Tanaka

 

Dans cette ville, il y a une rue tordue.
Dans cette rue, il y a une maison marron.
Dans cette maison, il y a un petit jardin en coin.
Et dans ce jardin, un magnolia sépia.
Et dans le magnolia, il y a un nid joli.
Dans le nid, il y a un œuf tout neuf;
Et dans l'œuf, il y a un lapin malin.
Qui bondit, atterrit sur ton nez retroussé.


 

 

Merci au dictionnaire

Jean Joubert

 

Merci de m’avoir donné

à l’heure du soleil levant

le mot semailles

et que le mot ainsi reçu,

du grain semé, du grain germé

ait aussitôt jailli

une moisson d’images :

terre rouge des labours,

fourrure verte du printemps,

coquelicots, nielles, bleuets,

barbe blonde de l’épi,

gerbe dorée, angélus,

lourde meule du moulin

et dans la maison d’enfance

l’odeur du feu et du pain.

 

 

Donnez-moi

PHILIPPE SOUPAULT

 

Donnez-moi je vous prie
Vos ciseaux
Vos couteaux
Vos sabots
Vos bateaux
Donnez-moi tout je vous prie
Je rémoule et je scie

Donnez-moi je vous prie
Vos cisailles
Vos tenailles
Vos ferrailles
Vos canailles
Donnez-moi tout je vous prie
Je rémoule et je scie

Donnez-moi je vous prie
Vos fusils
Vos habits
Vos tapis
Vos ennuis
Je rémoule et je fuis.

 


 

Présentation de la Beauce

Charles Péguy

(extrait)

 

Étoile de la mer voici la lourde nef
Où nous ramons tout nus sous vos commandements;
Voici notre détresse et nos désarmements;
Voici le quai du Louvre, et l'écluse, et le bief.

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l'océan des blés
Et la mouvante écume et nos degrés comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l'océan de notre immense peine.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l'âme solitaire. 

 

ble.gif

 

Semailles en Beauce

Emile Zola

 

Jean, ce matin-là, un semoir de toile bleue noué sur le ventre, en tenait la poche ouverte de la main gauche, et, de la main droite, tous les trois pas, il prenait une poignée de blé que d’un geste, à la volée, il jetait. Ses gros souliers trouaient et emportaient la terre grasse, dans le balancement cadencé de son corps.
…Seul, en avant, il marchait, l’air grandi; et derrière, pour enfouir le grain, une herse traînait lentement, attelée de deux chevaux qu’un charretier poussait à longs coups de fouet réguliers, claquant au dessus de leurs oreilles.





 

 

 

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2006-07-24T13:50:59+02:00

Chers illustrateurs !

Publié par Joce

J'aime travailler avec des illustrateurs.





Imaginer une histoire, la tricoter, la tisser, la peaufiner, m'apporte de grands moments de bonheur. Mais quand cette histoire prend vie et s'anime sous mes yeux... Alors là, c'est l'éblouissement.

Je vous conseille de visiter les différents liens qui conduisent à ces magiciens...

Un petit clin d'oeil à tous pour les remercier.


 

 


 


 









 


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2006-07-23T19:43:00+02:00

Tralalire chez Bayard

Publié par Joce


 

          Nous sommes en juillet 2006

Encore de longs mois à attendre :

Ma première histoire publiée chez Bayard

paraîtra...

                    en juillet 2007 !


Elle s’intitule « Le lutin de la maison qui chante ».

 


Entre l’envoi de mon manuscrit et sa parution en presse,

il se sera écoulé près de trois années.

Le travail d’auteur exige patience et persévérance !

 

  Bridget Strevens donnera vie à mes petits personnages.



 


 

                               

 

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2006-07-21T14:00:40+02:00

Ma première histoire publiée !

Publié par Joce







J'avance à tout petits pas dans le monde de l'édition.

J'ai commencé par être l'une des douze finalistes du concours Flaubert, organisé par le CHU de Rouen et parrainé par Dorothée Piatek.

Les éditions Petit à Petit publieront, en septembre prochain, le recueil de nos textes. Et le fruit des ventes sera versé au profit des enfants hospitalisés au CHU-Hôpitaux.

Mon histoire s'appelle "Le jardin aux étoiles"... Peut-être aurez vous l'occasion de la lire, un jour ?

A ma plus grande joie, Cathy Delanssay l'a illustrée ! Un rêve !

La remise des prix aura lieu le mercredi 11 octobre 2006 à Rouen.

 


 


 


 


 


 


 


 

 


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