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2010-04-16T00:00:00+02:00

Concours de contes en Eure et Loir

Publié par joce

ecole-phpto.JPGLe moulin de la Garenne à Ymonville

 

Oyez ! Oyez !

Le Drôle d'Escargot organise un concours de contes...

A vos plumes ! A vos souris !

Ce concours est ouvert à tous

braves gens d'Eure et Loir ou d'ailleurs...

Le réglement est ici :

Concours de contes du Drôle d'Escargot

(Date limite des envois : 20 mai 2010)

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Des conteurs en Eure et Loir :

- Jean-Jacques Silvestre

- Maurice Cayzac (le Quadriconteur)

- Festival du Légendaire

 

Livre de contes et légendes d'Eure et Loir :

(cliquez sur l'image pour plus de renseignements)

2-couv.jpg

 

Deux légendes de la Beauce et du Perche :

 

Le Violoneux de Saint-Brice

Félix Chapiseau

 

Dans la cave d'une maison du Pavé de Saint-Brice, faubourg de Chartres, se tenait l'un des plus beaux veillons du pays chartrain (cette histoire se serait passé, suivant la chronique chartraine, dans la nuit du samedi 6 janvier 1725).

Chaque soir, l'immense cave réunissait joyeuse et nombreuse compagnie ; mais, ce soir-là, au contingent habituel de l'assemblée vinrent se joindre huit jeunes gens et huit jeunes filles. Ce samedi se trouvant être le jour de la Fête des Rois, on décida de tirer la fève. Les jeunes filles payèrent le gâteau, et les garçons, le vin du cru. Le diapason de la joie s'élevant avec les refrains et les fumées du vin, on dansa des rondes. Enfin, on émit cette idée qu'il serait plus amusant de danser au son du violon. Il fallait se procurer un ménétrier. L'heure était avancée, c'était là chose assez difficile ; les jeunes gens partirent vers Chartres, disant que, " fût-ce le diable, ils sauraient bien trouver un ménétrier pour les faire danser ".

Après bien des péripéties, ayant vainement essaye d'entrer en ville par la porte Saint-Michel, ils rencontrèrent, chemin faisant, un inconnu qui leur dit être violoneux de son métier. La bande joyeuse l'engagea à la suivre, ce qu'il fit avec un air de satisfaction. Parmi les jeunes filles, trois étaient en deuil : l'une de sa mère, les deux autres de leur tante. La première ne dansa point, ses cousines eurent d'abord quelques scrupules à se livrer à cette partie de réjouissances, mais elles finirent par se laisser entraîner dans le tourbillon. Rentrés au veillon, les jeunes gens offrirent à l'inconnu une part du gâteau en lui disant que c'était la " part à Dieu ". À ce mot, l'étranger eut un tressaillement visible ; il refusa de manger et dit qu'il aimait mieux boire.

La danse commença alors et seule, nous l'avons dit, la jeune fille en deuil ne dansa point. Elle regardait attentivement le musicien qui entraînait les danseurs comme dans un violent tourbillon. Sa figure étrange, sa musique infernale lui faisaient peur. Chaque fois qu'il frappait du Pied pour battre la mesure, il hochait la tête et ce mouvement soulevait légèrement son chapeau. La jeune fille crut alors apercevoir deux petites cornes au sommet de son front. Sans mot dire, elle sortit de la cave et courut au couvent des Capucins, situé dans le voisinage. Réveillant le père portier, elle lui raconta les détails de la soirée et ce qu'elle venait d'apercevoir. Le père gardien des capucins fut appelé, après avoir interrogé la jeune fille, il se munit d'un rituel et, accompagné du portier qui prit un orseau, ils partirent vers le veillon. La cave, à ce moment, offrait un aspect fantastique ; le musicien jouait et frappait du pied avec acharnement. Les danseurs sautaient jusqu'au plafond de la cave, au milieu d'une poussière inouïe, à la faible lueur de quelques chandelles. Arrivé à la dernière marchée le père capucin commença les prières de l'exorcisme, fit de nombreux signes de croix et jeta de l'eau bénite. Aussitôt, une lumière bleuâtre d'un vif éclat, accompagnée d'une épaisse fumée âcre et sulfureuse, brilla dans la cave, et un cri aigu et terrifiant se fit entendre. Lorsque la fumée se fut dissipée, les danseurs apparurent haletants, comme hébétés de voir à l'entrée de la cave les deux moines et quelques personnes voisines qui se trouvaient là. Mais le siège du violoneux était vide et personne ne put s'expliquer sa disparition soudaine, l'escalier de la cave étant occupé par les curieux venus à la suite des moines.

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Le loup gobeur et le renard rusé

Félix Chapiseau

 

Il y avait une fois un loup qui, un soir, sortant des bois, vint se promener autour du village à la recherche de quelque bon coup à faire. Il rencontra un renard qui mangeait le reste d'une poule.
- Partage avec moi, lui dit le loup, ou je vais te dévorer, car j'ai grand-faim.
- Je ne le peux, répondit le renard, puisque je n'ai plus que ce bout d'aile qui ne paraîtrait guère sous ta grosse dent. Mais, si tu veux, je vais t'indiquer un bon moyen pour en avoir autant que tu voudras.
- Je veux bien, dit le loup, dis-moi ce qu'il faut faire.
- Eh bien ! C’est demain jour de marché à Chartres ; il passera sur la route beaucoup de marchands de volailles. Tu te coucheras, tout ton long, en travers de la route, et tu feras le mort. Les marchands diront : Voilà un beau loup, jetons-le dans notre voiture, nous vendrons sa peau. Ils te mettront dans le fond de leur charretée de volailles et, quand ils ne feront plus attention à toi, tu en jetteras beaucoup par terre, puis tu sauteras et nous nous régalerons. C'est comme ça que je fais toutes les semaines.

- Ton idée est bonne, camarade, dès demain matin je la mettrai à exécution.

Le loup partit en remerciant le renard ; la nuit lui parut longue, car il pensait au régal qu'il ferait le lendemain matin. Dès la pointe du jour, le loup était dans le fossé de le route de Chartres ; il entendit au loin le roulement d'une voiture ; il regarda et reconnut une voiture de poulailler ; aussitôt il se coucha en travers de la route et fit le mort. Quand les marchands furent arrivés auprès de lui, ils l'aperçurent. L'un dit :
- Voilà un vilain loup, passons notre voiture dessus, s'il n'est pas mort, ça l'achèvera.
Sitôt dit, sitôt fait, et cela avant que le pauvre loup, qui ne voyait pas le cheval s'arrêter, ait eu le temps de se sauver. Il se releva tout meurtri, pouvant à peine se traîner, mais courant quand même vers le bois, sa demeure.
- Ah ! se disait-il, c'est un vilain tour que le renard m'a joué, il me le paiera.
Et il se mit à sa recherche avec la ferme intention de lui casser les reins. Il le retrouva bientôt qui mangeait du poisson.
- Tu es un faux frère, renard ; car tu savais bien ce qui m'arriverait : ils m'ont passé la voiture sur le corps.
- C'est que tu n'as pas su t'y prendre, dit le renard en avalant le dernier morceau.
- Ah ! Je n'ai pas su m'y prendre, traître ; eh bien ! si tu ne me donnes pas ton poisson, tu vas voir comment je m'y prends pour manger un renard.
- Mon cher ami, dit le rusé renard, ce serait avec grand plaisir que je partagerais avec toi, mais c'est fini. Voyons, nous avons toujours été bons amis, ce n'est pas ma faute si ces imbéciles de marchands ne t'ont pas mis sur leur voiture. Ah ! j'y pense, ils se sont souvenus de mon dernier vol et se sont dit : si nous avons été roulés par un renard, nous ne le serons pas par un loup.
- C'est possible, dit le loup.
- Mais si tu veux, le poisson vaut la volaille, je vais t'indiquer le moyen de prendre du poisson tant que tu voudras et tu n'auras pas à craindre les roues de la voiture.
- Que faut-il faire ? dit le loup ; mais gare à toi si tu te moques encore de moi, je ne me moquerai pas de ta carcasse.
- Sois tranquille, compère ; viens me prendre ce soir ici et nous irons ensemble à la pêche.
- Oh ! dit le loup, je souffre trop pour courir jusqu'à mon logis, j'aime mieux rester avec toi en attendant la nuit.

- A ta guise, camarade ; nous allons nous reposer, car cette nuit nous ne dormirons guère.

Et ils se couchèrent côte à côte. Le renard, bien repu, dormit d'un sommeil paisible ; mais le loup, souffrant de ses meurtrissures et de la faim, ne put fermer l'œil.
La nuit arriva ; les deux compères se dirigèrent vers un étang situé à peu de distance.
- Voici, dit le renard ; toi qui as de bonnes griffes, tu vas faire un trou dans la glace ; le trou fait, tu y mettras ta queue ; tu resteras tranquille jusqu'au petit jour. Alors seulement tu tireras, plus ce sera lourd, plus il y aura de poisson.
Dès que le renard vit le loup installé, assis au bord du trou, il lui dit :
- Ami, il est inutile que je reste oisif ; je crois qu'il y a moyen de prendre une poule cette nuit, à la ferme voisine ; avec ton poisson, nous aurons un déjeuner de fête.
- Va, dit le loup confiant.
Le renard prit, en effet, une poule qu'il mangea en riant de la naïveté du loup. Le petit jour arrivant, le loup se mit en devoir de retirer son poisson de l'eau ; il tira d'abord doucement ; sentant de la résistance, il se dit : j'ai fait bonne pêche. Il tira plus fort, rien ne venait ; sa queue était gelée et enfermée dans la glace. Il tira tant et si bien qu'il l'écourta au ras du derrière. Tout triste, souffrant beaucoup, le loup, très en colère, se mit à la recherche du renard, avec la bonne intention cette fois de lui faire son affaire. Dès qu'il le vit, il s'écria :
- Ah ! Gredin, tu peux me léguer ton garde-manger, car je t'étrangle sur l'heure.
- Où est ton poisson ? dit le renard d'un air naïf.
- Tu veux dire ma queue, vaurien ; car tu savais bien qu'un gros poisson me la mangerait. Et le loup montra son trognon de queue au renard qui s'écria :
- Mais non, mon ami, je vois ce que c'est ; tu as été trop gourmand, tu as attendu trop longtemps, et ta queue est restée dans la glace. Mais viens, je connais un moyen de te la remettre. Tu vois que ce n'est pas de ma faute, mais la tienne.
La queue fut retirée ; puis le renard conduisit le malheureux loup chez un de ses amis qui était maréchal afin de lui faire souder sa queue. Ils étaient dans la forge une dizaine de maréchaux. Le patron, aidé de ses compagnons, mit le derrière du loup au feu pendant qu'un apprenti soufflait de toutes ses forces. Le loup hurlait, mais il préférait souffrir et avoir sa queue. Ensuite, on le mit sur l'enclume et tout le monde de frapper dessus à tour de bras. Le rusé renard, qui était resté à la porte, criait de temps en temps :
- Soudez la queue, maréchal !

Enfin la queue soudée, le loup fut lâché ; il sortit pensant trouver le renard à la porte et le croquer sur le coup ; mais il l'aperçut, au loin, courant vers le bois. Le loup courut après lui ; il allait l'atteindre lorsque le renard, avisant un chêne, y monta aussitôt. Il était temps, le loup arrivait au pied de l'arbre. Il regarda en l'air et vit le renard se moquer de lui. il ne savait comment faire pour l'attraper ; soudain il lui vint une idée. Il plaça sa patte dans la gueule et hurla de toutes ses forces. Aussitôt, de tous les côtés des loups sortirent des bois voisins, qui vinrent au secours de leur ami. Celui-ci les met au courant de la traîtrise du renard. Ils délibèrent et conviennent de se mettre les uns sur les autres jusqu'à ce qu'ils atteignent le renard.

- Qui va se poser en-dessous ? dit l'un d'eux.
- Moi, dit le loup à la queue soudée.
Qui fut dit, fut fait, et les voilà qui grimpent les uns sur les autres. Le renard commençait à trembler. Il grimpa jusqu'au haut de l'arbre ; mais les loups s'empilaient toujours l'un sur l'autre. Il n'en fallait plus qu'un pour l'atteindre, et il était déjà à moitié route. Le renard était dans des transes mortelles ; mais ce n'était pas son habitude de rester longtemps embarrassé ; il avait plus d'un tour dans son sac. Il se met tout à coup à crier :
- Soudez la queue, maréchal, soudez la queue !
Le malheureux loup, placé en-dessous, crut que son supplice allait recommencer ; il fit un mouvement pour se sauver et toute la colonne de loups de dégringoler les uns sur les autres. Ceux du bas reçurent le choc de ceux du haut et ceux du haut se firent plus ou moins de mal en tombant.

 Alors ils entrent tous dans une grande colère contre celui qui les avait fait venir pour une telle dégringolade ; ils se jettent sur lui, le dévorent en un instant et chacun retourne à sa demeure. Le renard riait de bon cœur pendant tout ce temps et pensait que le proverbe n'est pas vrai qui dit que les loups ne se mangent pas entre eux.

Félix CHAPISEAU

Ouarville (Eure et Loir), 1857 - Paris, 1927.

Instituteur, puis employé au ministère de l'Instruction publique.

Ecrivain érudit, auteur de romans et de pièces de théâtre.
Son dernier ouvrage est consacré à l'instinct et au langage des bêtes.

Publie "Le Folk-Lore de la Beauce et du Perche", éditions du Cherche-Lune, 1984 (réédition de J. Maisonnneuve, 1902).
2 volumes qui traitent des usages, superstitions, contes populaires et contient une dizaine de chansons populaires (texte et musique).

 

Autre acticle Pirouettes Contes :

Un moulin, le conteur et les écoliers


  Dans la série "Bonheurs d'auteur":

Mon conte "La maison qui aimait les enfants"

paraîtra bientôt dans le magazine

"Sur le bout de la langue" n°3

aux Editions B'Dit

 

PIROUETTES ACCUEIL

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commentaires

armelle 18/05/2010 08:00



Bravo ! C'est super ! je ne ferai pas partie de l'aventure cette fois ci.



Rabussier Sophie 26/04/2010 14:22



Chère Joce,


Je viens vous dire un petit bonjour et vous donnez des nouvelles pour le concours. Je me prépare tout doucement. Cependant, j'ai quelques questions à vous poser.


-Voilà, j'ai trouvé par l'intermédiaire du forum une illustratrice, elle s'appelle "Mélissa" et ses dessins sont superbes. Peut-elle faire le concours avec moi ? elle est en train de me
préparer une maquette afin que je puisse l'envoyer pour le concours.


- Ce sont des histoires et non un conte. Est-ce important ?


En attendant de vos nouvelles, je vous prie de croire en mon amitié la plus sincère.


Sophie           



joce 01/05/2010 13:52



Je suis heureuse que vous ayez trouvé une illustratrice


Seul Le drôle d'escargot pourra répondre à vos questions... A bientôt.



Patrick 25/04/2010 08:40



Bon dimanche Joce.



midolu 16/04/2010 14:41



Je vais prendre mon temps pour lire ... Faut dire que j'en aurai bientôt suffisamment, je pense ! Mais ça n'attendra pas si longtemps, et je voulais te souhaiter une bonne fin de semaine, Joce.


Bises du Berry



domi 16/04/2010 11:10



Tiens tu tombes bien, je cherchais justement un concours de contes à faire c'est un peu juste mais j'ai des contes déjà prêts, je vais en envoyer un merci pour l'info bisous



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